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Des scientifiques du Human Biomonitoring Research Unit contribuent à un effort mondial visant à cartographier les expositions chimiques et à améliorer la santé publique

Des chercheurs du Human Biomonitoring Research Unit (HBRU) du Department of Precision Health du Luxembourg Institute of Health (LIH) ont contribué à un nouvel article de correspondance publié dans Nature Medicine, appelant à un changement dans la manière dont les expositions aux substances chimiques environnementales sont mesurées et intégrées dans les initiatives de santé publique.
L’article de correspondance de Nature Medicine, Mapping the human chemical exposome for public health, met en évidence une lacune majeure dans la compréhension de la manière dont les substances chimiques environnementales affectent la santé humaine. Bien que la pollution soit liée à des millions de décès prématurés chaque année, la grande majorité des substances chimiques en circulation ne sont pas mesurées de manière routinière chez l’humain, et leurs effets combinés restent largement inconnus.
Au cœur de l’article se trouve le concept d’exposome chimique interne, qui englobe l’ensemble des substances chimiques externes ainsi que les composés issus de leur transformation dans le corps humain. Malgré l’accumulation de preuves reliant ces expositions à un large éventail d’effets sur la santé, cette dimension de la biologie humaine demeure insuffisamment explorée. Une approche ouverte et évolutive pour profiler les substances chimiques et leurs sous-produits dans les échantillons humains fait défaut, tout comme les connaissances sur les interactions des mélanges chimiques du monde réel avec l’organisme humain.
Pour y remédier, les auteurs présentent le Human Internal Chemical Exposome Atlas, une initiative collaborative réunissant 20 partenaires internationaux qui cartographie les expositions chimiques internes à l’aide d’approches de spectrométrie de masse évolutives et multiplateformes. En combinant des analyses ciblées et non ciblées sur différents échantillons biologiques à l’aide d’approches avancées d’apprentissage automatique, le projet vise à augmenter considérablement le nombre de composés détectables au-delà de ceux généralement inclus dans les programmes de biosurveillance. Les premiers travaux ont déjà permis d’identifier des centaines de substances chimiques omniprésentes, avec une extension prévue pour inclure des polluants émergents, des substituts industriels et des composés difficiles à analyser souvent omis dans les grands programmes de biosurveillance.
En permettant une évaluation plus complète des expositions cumulées et de leurs effets biologiques, cette initiative vise à améliorer l’évaluation des risques, renforcer les stratégies de santé publique et favoriser l’intégration des données environnementales dans la prévention de précision.
Comprendre l’exposome chimique est essentiel pour faire progresser la santé publique, car cela nous permet de mieux caractériser les déterminants environnementaux des maladies et de traduire ces connaissances en actions préventives concrètes à l’avenir,
a souligné le Dr Appenzeller, directeur du HBRU.
La participation du Dr Brice Appenzeller, du Dr Alba Iglesias Gonzàlez et du Dr Linda Macheka du HBRU reflète l’expertise de l’équipe en science de l’exposome, un axe clé du Department of Precision Health du Luxembourg Institute of Health.