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Projets individuels – WORK PACKAGE 2: IMMUNO-ONCOLOGie

Projet 2.1. – Rôle du métabolisme mitochondrial des folates au cours de la polarisation des macrophages (Mac1L)

INTRODUCTION 

Il est à présent admis que les cellules immunitaires jouent un rôle important dans le développement des tumeurs. En ce qui concerne les tumeurs cérébrales, les cellules immunitaires du compartiment myéloïde revêtent une importance particulière, car elles peuvent constituer jusqu’à 20 % de la masse tumorale. Il est en outre bien connu que, dans le microenvironnement tumoral, les macrophages associés aux tumeurs sont reprogrammés pour devenir un phénotype de soutien aux cellules cancéreuses plutôt qu’un phénotype anticancéreux. Cependant, les facteurs intrinsèques et extrinsèques qui permettent cette reprogrammation et surtout le rôle du métabolisme doivent être caractérisés. C’est en particulier le cas de notre compréhension du rôle du métabolisme mitochondrial des folates dans les cellules myéloïdes, qui reste rudimentaire. Pourtant, cette voie fait l’objet d’intenses recherches dans le domaine du métabolisme du cancer et est ciblée en clinique par l’utilisation d’antifolates. En outre, de petites molécules destinées à cibler des enzymes spécifiques du métabolisme mitochondrial des folates sont en cours de développement.

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Comme les cellules immunitaires résidentes du microenvironnement tumoral peuvent jouer un rôle important dans le résultat clinique des stratégies d’intervention, il est important d’étudier le métabolisme des folates, non seulement dans les cellules cancéreuses, mais aussi dans les cellules immunitaires du microenvironnement tumoral.  Par conséquent, nous développons actuellement différents outils in vitro et in vivo destinés à étudier le rôle du métabolisme 1C médié par les folates dans les macrophages/microglyocites. Grâce à ces modèles, nous pourrons étudier (i) le développement des tumeurs in vivo au moyen de lignées de cellules cancéreuses dérivées de la souris et (ii) étudier le métabolisme des macrophages ex vivo en utilisant des macrophages dérivés de la moelle osseuse (BMDM).

METHODES 

Analyse du métabolisme en utilisant la GC-MS et la LC-MS, les BMDM, les cultures de tranches de tissu cérébral ex vivo, les modèles de tumeurs cérébrales orthotopiques, les modèles murins de mélanome, les essais d’invasion et de migration in vitro, les systèmes de co-culture (macrophages et cellules cancéreuses)

Johannes
Meiser

Projet 2.2. – Implications biologiques et cliniques de la polarisation de la protéine PD-L1 au niveau des cellules et des tissus tumoraux 

INTRODUCTION 

Le blocage des points de contrôle immunitaires est actuellement l’une des approches thérapeutiques les plus intéressantes dans le traitement du cancer. Les inhibiteurs de la voie PD-1/PD-L1 sont de plus en plus utilisés en clinique et font désormais partie du traitement standard de plusieurs tumeurs malignes. Le biomarqueur de prédiction de l’efficacité d’une thérapie par points de contrôle immunitaire le plus couramment utilisé (approuvé par la FDA) est la protéine PD-L1 du microenvironnement tumoral. Il apparait cependant progressivement que les patients dont l’expression de PD-L1 est faible ou nulle avant le traitement pourraient également bénéficier d’une thérapie par points de contrôle immunitaires.

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Dans les échantillons cliniques positifs, la protéine PD-L1 présente fréquemment une expression plus forte dans les zones tumorales avec une infiltration importante de lymphocytes, ce qui suggère qu’une interaction à courte distance avec les lymphocytes induit une régulation élevée de PD-L1 dans les cellules tumorales (hypothèse 1). Un fait particulièrement intéressant est que, à un grossissement plus élevé, l’immunomarquage révèle une distribution asymétrique de PD-L1 dans les cellules tumorales individuelles, avec une polarisation de PD-L1 vers le stroma inflammatoire. Cette observation concorde avec nos récentes recherches in vitro qui montrent que, dans les cellules tumorales résistantes engagées dans une synapse immunologique avec des lymphocytes cytotoxiques, les molécules PD-L1 se regroupent dans la zone de la synapse immunologique. Nous postulons que le recrutement de PD-L1 vers la synapse, qui est entraîné par le remodelage du cytosquelette d’actine dans les cellules tumorales, constitue un signal inhibiteur puissant pour les lymphocytes cytotoxiques. Ce projet vise à étudier la signification de la polarisation de PD-L1, tant au niveau des tissus que des cellules. Concrètement, le projet étudiera les questions suivantes. 1) L’expression de PD-L1 dans les cellules tumorales est-elle induite par l’interaction avec les lymphocytes, et si oui, par quel mécanisme ? 2) Le regroupement de PD-L1 dans la synapse immunologique est-il impliqué dans l’échappement immunitaire des tumeurs ?

METHODE 

Le projet repose en grande partie sur des méthodes d’imagerie tissulaire et cellulaire, notamment la microscopie optique (principalement pour les analyses immunohistochimiques des tissus tumoraux), la microscopie à fluorescence (confocale), la microscopie optique et électronique corrélative et l’imagerie par cytométrie en flux. Des modèles in vitro qui récapitulent la régulation à la hausse de PD-L1 à la frontière tumeur/lymphocyte seront établis (en utilisant des sphéroïdes tumoraux en 3D co-cultivés avec des lymphocytes cytotoxiques, par exemple) et utilisés dans des études fonctionnelles. Le signal qui pilote la régulation à la hausse de PD-L1 (soluble vs déclencheur mécanique direct) et le ou les lien(s) moléculaire(s) entre le PD-L1 et le cytosquelette d’actine (analyse BioID en cours) seront caractérisés. Enfin, les résultats seront validés dans des échantillons de patients primaires et métastatiques et corrélés avec des données clinico-épidémiologiques.

Clément
Thomas
Michel
Mittelbronn

Projet 2.3. – Immunothérapies et criblage de médicaments dans des modèles améliorés dérivés de patients : une approche translationnelle vers des traitements personnalisés de la leucémie 

INTRODUCTION 

La leucémie lymphoïde chronique (LLC) est la leucémie la plus fréquente chez les adultes. Malgré de nouvelles thérapies ciblées, la LLC reste une maladie incurable et un lourd fardeau pour le système de santé. Il convient donc de développer des thérapies alternatives. La survie, la prolifération et la résistance aux thérapies des cellules de LLC dépendent fortement du microenvironnement des organes lymphoïdes. Les interactions avec les cellules stromales et le compartiment immunitaire par l’induction d’une forte immunosuppression et de diverses cellules immunitaires qui favorisent la leucémie constituent des facteurs clés de la progression des leucémies. Ces dernières années, l’immunothérapie a révolutionné la prise en charge des patients atteints de cancer. Toutefois, seul un nombre limité de patients répond à ces nouvelles thérapies (30 à 40 % de réponse à un traitement à agent unique) et celles-ci ne sont pas encore autorisées pour tous les cancers. Il est donc nécessaire d’optimiser davantage les bénéfices de ces thérapies qui visent à réactiver le système immunitaire pour lutter contre la tumeur. Sur la base des résultats de phénotypage immunitaire profond, notre groupe a récemment démontré que l’immunothérapie basée sur un double blocage des points de contrôle immunitaires était efficace pour traiter un modèle préclinique murin de LLC (Wierz et al, 2018). Cependant, la transposition directe de ce type de résultats en clinique est difficile en raison de l’absence de modèle humain basé sur la LLC.  

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

L’objectif de ce projet est de développer un modèle PDX de LLC chez des souris NSG humanisées afin de tester plusieurs combinaisons d’immunothérapie qui visent à réactiver le système immunitaire épuisé. Des ganglions lymphatiques artificiels et d’autres systèmes de co-culture en 3D seront utilisés pour le criblage de nouvelles thérapies dans des modèles complexes imitant la tumeur et son microenvironnement. 

METHODE 

(i) Créer une souris humanisée et mettre en place les xénogreffes dérivées du patient (PDX) de cellules LLC, (ii) tester les immunothérapies in vivo et analyser le système immunitaire (CyTOF, Hyperion), (iii) développer un ganglion lymphatique artificiel ou un modèle 3D avec des cellules LLC et des cellules bystander normales (interface air-liquide, impression cellulaire), (iv) réaliser un criblage à haut débit de médicaments et d’immunothérapies sur des organoïdes en 3D, et (v) valider les résultats in vivo chez les souris Eµ-TCL1 et CLL-PDX. 

Jérôme
Paggetti
Etienne
Moussay

Projet 2.4. – Influence du microbiome intestinal sur l’immunothérapie anticancéreuse   

Pour ce projet, nous recherchons un candidat ayant a) une formation en biologie cellulaire/immunologie ou b) une formation en informatique/bioinformatique. Le projet sera adapté en fonction de la formation du candidat. 

INTRODUCTION 

L’immunothérapie anticancéreuse basée sur les blocages de points de contrôle immunitaires (Immune checkpoint blockades  – ICB) a permis d’obtenir des réponses cliniques impressionnantes et durables chez des patients atteints de divers cancers, dont le mélanome. Cependant, le succès révolutionnaire de l’ICB a été sérieusement remis en question par des observations cliniques qui ont démontré que seule une fraction réduite des patients obtient un bénéfice clinique durable et soutenu de cette thérapie. Le microbiote intestinal a récemment été impliqué dans le succès de l’immunothérapie contre le cancer. Pourtant, les mécanismes qui sous-tendent l’impact des membres individuels du microbiote intestinal sur l’efficacité du traitement restent encore méconnus.

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Ce projet vise à comprendre les mécanismes par lesquels des modifications minimes de la composition microbienne et du métabolisme de l’intestin présentent un lien causal avec le succès de l’immunothérapie. Un aspect important de ce projet repose sur l’étude de la manière dont les changements du métabolisme microbien qu’entraînent des modifications des habitudes alimentaires, notamment la consommation de fibres, affectent le traitement. Cette compréhension fournira des stratégies et des outils thérapeutiques précieux pour corriger les éventuelles déficiences du microbiome qui compromettent l’efficacité thérapeutique des ICB. Dans l’ensemble, ce projet répond à un besoin clinique urgent et encore non satisfait : comment exploiter le potentiel du microbiome intestinal pour améliorer l’immunothérapie anticancéreuse basée sur les ICB ?

METHODE

Ce projet repose sur l’utilisation de modèles murins gnotobiotiques qui contiennent des communautés bactériennes intestinales humaines synthétiques caractérisées et une intervention alimentaire. Nous utiliserons une technologie de cytométrie de masse (CyTOF) de pointe pour effectuer une analyse complète du paysage immunitaire.

Mahesh
Desai
Bassam
Janji

Projet 2.5. – Développement de modulateurs des récepteurs de chimiokines pour une meilleure immunothérapie anticancéreuse

INTRODUCTION 

Les thérapies basées sur les blocages de points de contrôle immunitaires (ICB) se sont révélées être un traitement prometteur contre les cancers agressifs, mais leur succès nécessite une infiltration efficace des cellules immunitaires cytotoxiques dans la tumeur. Par conséquent, un défi majeur du domaine de l’immuno-oncologie est le développement de de stratégies, à combiner avec l’ICB, qui favoriseraient l’infiltration de la tumeur par ces cellules. Un récepteur de chimiokine a conjointement été identifié par les Groupes IPI et TIME comme étant un récepteur clé impliqué dans la prévention du recrutement des cellules immunitaires cytotoxiques par les tumeurs.

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Le ciblage de ce récepteur de chimiokine à l’aide d’anticorps monoclonaux (mAbs) neutralisants, de fragments d’anticorps tels que les nanocorps (Nbs) ou de petites molécules, constitue une stratégie innovante pour induire l’infiltration de cellules immunitaires dans les tumeurs, ce qui les rend ainsi éligibles à une thérapie basée sur les ICB. Ce projet vise à (I) développer des modulateurs de récepteurs (mAbs, Nbs ou petites molécules) et (II) valider leurs propriétés pharmacologiques/fonctionnelles par des essais cellulaires en utilisant le savoir-faire du Groupe IPI et (III) évaluer leur avantage pour la thérapie combinée ICB dans des modèles de cancer pertinents en utilisant l’expertise du groupe TIME.

METHODE

Des anticorps monoclonaux (mAbs) et nanocoprs (Nbs) anti-récepteurs murins et humains seront obtenus à l’aide de la technologie magnétique basée sur les liposomes GPCR développée par le Groupe IPI, qui permet de purifier et de présenter une haute densité de récepteurs correctement repliés pour l’immunisation de la souris ou du lama. Les mAbs et les Nbs seront sélectionnés respectivement par les techniques des hybridomes et d’exposition sur phage. La validation des liants et la caractérisation de leur activité vis-à-vis du récepteur seront effectuées à l’aide de tests cellulaires sur mesure basés sur les technologies NanoBiT/NanoBRET du DII. Ces tests seront également adaptés au criblage de petits modulateurs de récepteurs à l’aide de la plateforme de criblage de médicaments du DYong-Jun Kwon. Enfin, les modulateurs sélectionnés seront évalués seuls ou en combinaison avec la thérapie anti-PD-1 grâce à des modèles murins de mélanome et de cancer du côlon.

Andy
Chevigné
Bassam
Janji

Projet 2.6. – Évaluation préclinique d’immunoconjugués qui activent les cellules NK dans différents modèles de cancer

INTRODUCTION 

Comme nouvelle approche immunothérapeutique du cancer, nous avons généré deux types d’immunoconjugués, appelés CoMiX, qui ont renforcé l’activité dirigée par le complément et la cytotoxicité à la surface des cellules tumorales HER2 ou des lymphomes surexprimant le CD20 (Seguin-Devaux et al., 2019). Au départ de la technologie CoMix (brevet PCT/EP2017/062283), nous avons généré des molécules recombinantes qui ciblent et activent les cellules NK contre différents types de cellules infectées par divers pathogènes. Ces molécules augmentent également l’activité cytotoxique des cellules NK contre les cellules cancéreuses K562 et Raji par la libération d’IFN-y et la dégranulation de protéines cytotoxiques. 

Le cancer du pancréas est un cancer dont les besoins médicaux non satisfaits sont importants. Le pronostic de ce cancer reste dramatique (taux de survie à cinq ans actuel aux États-Unis : 9,3 %) et devrait devenir le deuxième cancer le plus fréquent en 2030. Son diagnostic étant généralement tardif, alors que la dissémination des cellules tumorales a eu lieu, son traitement est difficile. En raison de la résistance thérapeutique et d’une réponse limitée aux inhibiteurs de points de contrôle, les chimiothérapies et les thérapies ciblées ne permettent qu’une augmentation limitée de la survie globale de ces patients. L’expression de l’ACE est généralement très élevée dans les adénocarcinomes pancréatiques. De nombreux cancers du pancréas résistent aux approches immunothérapeutiques en raison de leur microenvironnement immunohostile. 

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Nous proposons d’évaluer de nouveaux immunoconjugués qui activent les cellules NK dans différents modèles de cancer afin d’évaluer leur puissance par rapport aux thérapies actuelles et en combinaison avec des inhibiteurs de points de contrôle. Sur la base de nos résultats préliminaires, nous évaluerons nos molécules thérapeutiques contre un cancer hématopoïétique (lymphome à cellules B) et des tumeurs pancréatiques. Ces immunoconjugués permettront d’examiner l’efficacité thérapeutique de l’immunité innée et de déterminer si nos molécules recombinantes peuvent surmonter la résistance actuelle aux chimiothérapies et thérapies ciblées dans un modèle de cancer du pancréas. Ce projet de doctorat pourrait fournir des applications supplémentaires au CoMIX dans les thérapies contre le cancer et consolider le potentiel du CoMIX contre d’autres tumeurs solides.

METHODE 

Le doctorant développera divers modèles de cancer in vitro (modèles cellulaires 2D et 3D) et in vivo (modèles murins de lymphome et de cancer du pancréas), évaluera plusieurs molécules qui activent les cellules NK contre les cellules tumorales et étudiera leur mode d’action à l’aide de différents immuno-essais.

Carole
Devaux
Jacques
Zimmer

Projet 2.7. – Développement de nouvelles thérapies personnalisées pour les patients atteints du cancer colorectal

INTRODUCTION 

La thérapie ciblée peut renforcer les réponses immunitaires antitumorales en libérant de nouveaux antigènes ; cela constitue une base théorique pour l’immunothérapie combinée à la thérapie ciblée, comme cela a été récemment observé dans le cancer du broncho-pulmonaire (Akbay et al., 2013 ; Liang et al., 2018). Dans ce sens, le petit essai clinique de phase Ib REGONIVO (n = 48 patients) a très récemment produit des résultats prometteurs en ce qui concerne la combinaison de l’inhibiteur de tyrosine Regorafenib et de la thérapie anti-PD1 Nivolumab chez les patients atteints d’un cancer gastrique ou colorectal (ASCO 2019). Ces premiers résultats sont prometteurs et encouragent à tester davantage de combinaisons de différents inhibiteurs de tyrosine kinase et de thérapies basées sur l’immunité. 

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Nous postulons que le criblage de médicaments individuels et de leurs combinaisons directement sur des échantillons de patient conduira au développement de nouvelles options thérapeutiques personnalisées. En outre, les modèles dérivés de patients composés de cellules tumorales et stromales (à noter qu’il est connu que les cellules stromales, parmi lesquelles les fibroblastes, sont  responsables d’immunosuppression), tels qu’ils ont été générés ces dernières années au sein du Groupe MDM, aideront à comprendre les mécanismes sous-jacents de la résistance innée/acquise et, par conséquent, à prévenir la résistance thérapeutique lors de traitements à long terme. 

METHODE 

Des biopsies fraîches de patients atteints de CCR de stade III et IV seront collectées dans les différents hôpitaux participants et transférées directement au LIH et au Groupe MDM de l’UL. Le criblage des options thérapeutiques (y compris différentes combinaisons de thérapies ciblées et d’immunothérapies) directement sur les échantillons de patients sera effectué en utilisant la bibliothèque de criblage de médicaments à haut débit du LIH. Grâce à la modélisation in silico, telle que décrite précédemment par notre groupe en collaboration avec le groupe Sauter de l’UL (Pacheco et al., 2019), nous affinerons encore la liste des médicaments et des associations de médicaments testés. En outre, des modèles dérivés des mêmes patients (composés de cellules tumorales et stromales ainsi que de cellules du tissu normal analogue) seront utilisés pour (i) comprendre les mécanismes de la résistance innée et acquise, (ii) évaluer l’efficacité des options thérapeutiques identifiées et (iii) étudier leur capacité d’induire une résistance dans les traitements à long terme, au moyen de la biologie moléculaire (c’est-à-dire la transcriptomique globale et unicellulaire combinée à l’analyse des réseaux de signalisation) et de tests fonctionnels (tests de viabilité Cell Titer Glo). Enfin, les candidats précliniques les plus prometteurs seront validés dans nos modèles murins CRC orthotopiques. 

Elisabeth
Letellier

Projet 2.8. – Médecine de précision pour les patients atteints de glioblastome : une plateforme préclinique basée sur les patients pour l’immuno-oncologie 

INTRODUCTION 

La médecine de précision constitue une voie prometteuse pour les patients atteints de cancer. Cependant, des modèles précliniques robustes permettant de prédire la sensibilité aux nouveaux traitements sont essentiels pour faire progresser l’oncologie clinique (Byrne et al., 2017 ; Gao et al., 2015). Au départ d’une large plateforme de xénogreffes orthotopiques dérivées de patients atteints de glioblastome (PDOX), qui conservent mieux les caractéristiques histopathologiques, génétiques et épigénétiques des tumeurs des patients que les cultures in vitro, nous avons appliqué avec succès un traitement médicamenteux piloté par les biomarqueurs à des PDOX in vivo et à des organoïdes tumoraux en 3D dérivés de PDOX ex vivo (Bougnaud et al., 2016 ; Abdul Rahim et al., 2017 ; Golebiewska et al., BioRvix, 2020). Toutefois, ces deux approches pâtissent de la réduction ou de l’absence de composants du système immunitaire, ce qui limite la possibilité de tester de nouvelles thérapies de modulation immunitaire.

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Au cours de ce projet, nous prévoyons d’étendre notre plateforme PDOX GBM à des modèles de souris humanisées. Le composant immunitaire, c’est-à-dire les cellules mononucléaires du sang périphérique ou les microglyocites/macrophages dérivés de patients, sera également associé à des organoïdes de tumeurs primaires ex vivo en 3D.

METHODE

Les interactions pertinentes entre la tumeur et le stroma seront étudiées au niveau de la cellule unique (séquençage d’ARN, cytométrie de flux et de masse) afin de suivre la progression de la tumeur et la réponse au traitement. Des co-cultures de cellules immunitaires et tumorales de courte durée et standardisées seront mises en œuvre pour le criblage de médicaments à haut débit, et les composés retenus seront validés in vivo dans des modèles PDOX humanisés.

Simone
Niclou
Anna
Goleblewska

Projet 2.9. – Infusions intracérébrales de médicaments robotisées/stéréotaxiques (administration améliorée par convection, CED) pour les maladies neuro-oncologiques (tumeurs cérébrales)

INTRODUCTION 

Le traitement des tumeurs cérébrales reste problématique. Alors qu’une large majorité des tumeurs bénignes peuvent être traitées par chirurgie ou radiochirurgie, une large majorité des tumeurs cérébrales malignes restent incurables. Bien que les technologies de neuronavigation soient devenues une méthode de traitement habituelle en neurochirurgie au cours des deux dernières décennies, des technologies innovantes, telles que la spectroscopie Raman (SR) et par résonnance magnétique (SRM) et l’IRM de précision, offrent de nouvelles possibilités d’approches thérapeutiques ciblées. Cependant, malgré le développement de nombreux médicaments nouveaux et prometteurs, l’administration à travers la barrière hématoencéphalique (BHE) reste difficile.

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

L’objectif du projet est de développer des cartes thermiques de la distribution spatiale des propriétés biochimiques des tumeurs en combinant SR, SRM et IRM de diffusion guidées et de les associer avec des modèles de distribution des médicaments pour l’administration améliorée par convection (CED) par modélisation informatique des images d’IRM de diffusion.

METHODE

Nous analyserons la SR à l’aide de sondes de fibres SR guidées et les intégrerons dans des ensembles de données de multiples séries de données d’IRM en 3D. Par conséquent, nous développerons des cartes thermiques afin de représenter la distribution des caractéristiques biochimiques des tumeurs. En intégrant la diffusibilité (IRM pondérée par la diffusion), nous développerons des modèles de distribution des fluides (des médicaments) dans le cerveau de chaque patient. Ces modèles seront testés par des particules de gadolinium marquées.

Frank
Hertel
Félix Kleine
Borgmann

Projet 2.10. – Charge mutationnelle tumorale pour la prise de décision thérapeutique personnalisée chez les patients atteints de cancer

INTRODUCTION 

L’oncologie de précision, guidée par le séquençage de nouvelle génération de l’ADN et de l’ARN des tumeurs, implique la capacité de prédire quels patients seront susceptibles de répondre à des traitements anticancéreux spécifiques (Horak et al., 2017). Des études récentes ont démontré l’utilité de la charge mutationnelle tumorale (TMB) mesurée par séquençage de l’exome entier (WES) en tant que biomarqueur prometteur pour identifier les patients les plus susceptibles de bénéficier d’une immunothérapie dans un large éventail de types de cancer (Chan et al., 2019). En milieu clinique, où le WES n’est pas disponible de manière généralisée, le séquençage de panels de gènes commence à émerger comme la technologie d’évaluation de la TMB. Cependant, le manque d’harmonisation entre les plateformes et de seuils prédictifs robustes sont des limitations majeures de la quantification de la TMB basée sur le panel (Fancello et al., 2019). Il existe en outre un besoin clinique non satisfait d’évaluation de la TMB dans les biopsies liquides, car la mesure de la TMB dans l’ADN tumoral circulant (ctDNA) constitue un défi majeur de détection (Gandara et al., 2018).

OBJECTIF ET HYPOTHÈSE

Ce projet vise à évaluer et à valider différentes stratégies de détection fiable de la TMB dans les tissus de tumeurs solides et dans le ctDNA dérivé du sang afin d’identifier les patients éligibles à une immunothérapie. La mise en œuvre de l’évaluation de la TMB dans les programmes d’oncologie translationnelle améliorera à l’avenir les décisions thérapeutiques personnalisées et la prise en charge des patients.

METHODE 

Nous effectuerons un séquençage WES et un séquençage de panel sur les tissus tumoraux et les échantillons sanguins correspondants ainsi que sur le ctDNA afin d’identifier les altérations somatiques et héréditaires exploitables, y compris la TBM. Des filières bioinformatiques qui permettent de déterminer la TBM à partir de différents ensembles de données seront développées grâce des ensembles de données propres et publics. Les résultats seront corrélés avec les données cliniques. Nous intégrerons nos approches dans les programmes de recherche translationnelle tels que profilage fonctionnel personnalisé (PFP) et dans les réunions multidisciplinaires des tumeurs afin de permettre une transposition rapide en pratique clinique.

Barbara
Klink
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