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Un commentaire co-signé par la Dr Sophie Pilleron du Luxembourg Institute of Health (LIH) appelle à inclure systématiquement les personnes âgées dans la recherche sur le cancer, de la prévention aux soins de fin de vie.

Bien que les personnes âgées de 65 ans et plus représentent la majorité des nouveaux diagnostics de cancer dans le monde, elles restent sous-représentées dans la recherche, ce qui limite les données scientifiques disponibles pour guider leur prise en charge.
La Dr Sophie Pilleron, de l’Ageing, Cancer and Disparities Research Unit du Luxembourg Institute of Health (LIH), est l’auteure principale d’un commentaire appelant à un changement fondamental dans la recherche sur le cancer. Publié dans Nature Reviews Clinical Oncology, l’article intitulé « No cancer research without older adults, from prevention to end of life: a manifesto » a été rédigé avec le Dr Enrique Soto-Perez-de-Celis et le Dr Nicolò Matteo Luca Battisti, tous deux spécialistes en oncologie gériatrique.
Les auteurs soulignent un décalage frappant entre l’incidence du cancer et les priorités de recherche. En 2024, les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient environ 52 % des nouveaux diagnostics de cancer dans le monde. Pourtant, une analyse du financement mondial de la recherche sur le cancer a révélé que seulement 0,3 % des fonds alloués entre 2016 et 2020 ciblaient spécifiquement cette tranche d’âge.
Les obstacles à la participation créent d’importantes lacunes dans la recherche sur le cancer.
Les personnes âgées peuvent être exclues des essais cliniques en raison de limites d’âge supérieures ou de critères d’éligibilité qui écartent les pathologies courantes liées à l’âge. D’autres obstacles comprennent les difficultés à se rendre sur les sites d’étude et les idées préconçues concernant la capacité ou la volonté des patients âgés à participer. Le manque de données qui en résulte ne concerne pas uniquement les traitements, mais aussi la prévention, le dépistage, la survie après un cancer, les soins palliatifs et les soins de fin de vie.
Nous devons veiller à ce que la recherche sur le cancer reflète les personnes les plus touchées par la maladie, afin que les personnes âgées puissent bénéficier de soins fondés sur des données probantes et adaptés à leurs besoins,
explique la Dr Sophie Pilleron, responsable de l’Ageing, Cancer and Disparities Research Unit (ACADI) du LIH.
Les auteurs appellent à une recherche qui tienne compte des besoins des personnes âgées.
Le commentaire appelle les organismes de financement, les autorités réglementaires, les chercheurs et les revues scientifiques à faire de l’inclusion la norme. Parmi les mesures proposées figurent des financements spécifiquement dédiés à la recherche sur les personnes âgées, des critères d’éligibilité plus larges pour les essais cliniques, ainsi qu’une meilleure communication de l’âge et de l’état de santé des participants. Les auteurs préconisent également de privilégier des critères d’évaluation importants pour les personnes âgées, tels que le maintien de l’autonomie, des capacités physiques et des fonctions cognitives.
Ils soulignent que les personnes âgées ne constituent pas un groupe homogène. La recherche doit tenir compte des différences en matière de fragilité, de comorbidités et d’objectifs individuels de prise en charge, tout en associant les personnes âgées et leurs aidants à la conception des études.
L’inclusion systématique doit devenir la norme à toutes les étapes du parcours de soins contre le cancer.
En publiant cet appel à l’action dans une revue de référence en oncologie, les auteurs souhaitent faire de l’inclusion des personnes âgées une norme à toutes les étapes de la recherche sur le cancer, afin de garantir que les progrès réalisés dans la prise en charge de la maladie bénéficient aux populations qui en ont le plus besoin.